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| The exhibition catalogue: Marilyn Monroe. Editions GrandPalaisRmn / La Cinémathèque française (2026). Sous la direction de Florence Tissot. 285 pages. |
Marilyn Monroe
Exposition du 8 avril 2026 au 26 juillet 2026
La Cinémathèque française, 51 Rue de Bercy, 75012 Paris, M° Bercy Lignes 14, 6
Visited at the vernissage, 7 April 2026
AA: La Cinémathèque française celebrates the centenary of Marilyn Monroe in grand style with a magnificent exhibition and a full retrospective, complete with expert guests and a substantial illustrated catalogue with top essays.
The dramaturgy is chronological, from the early years of struggle in the 1940s to the superstardom in the 1950s and the battle of survival at the twilight of the Golden Age of Hollywood in the 1960s.
I enjoy the art and craft of the work of preservation in the costumes, objects, stills, posters and publicity materials on display, mixing the legendary with the unknown. Generous helpings of clips refresh our sense of what it was all about. There are also newsreels, including an epic documentation of Monroe's performance for U.S. troops during the Korean War, a personal highlight of her career.
She never failed in photographs. She always had trouble in film appearances. Paintings of her always disappoint, except pop art paintings which are images of her images (most famously Andy Warhol). Actresses attempting to portray her never succeed, but there are many lovely tributes by contemporary actresses, including Scarlett Johansson in Asteroid City.
A special tribute montage installation concludes the show. The lingering image for me is Margot Robbie as Harley Quinn exploding the Lorelei Lee image in Birds of Prey (see photo below). It belongs to the anti-Marilyn legacy in pop culture.
In the 21st century the Marilyn Monroe reception is changing in many ways.
Most importantly, in 1999 a wealth of previously unknown material from the Marilyn Monroe estate became available. The mystery of her death was finally solved. The medical documents proved beyond doubt that she committed suicide. A substantial dialogue has taken place in the Marilyn Remembered network, and Gary Vitacco-Robles wrote the authoritative biography, Icon: The Life, Times and Films of Marilyn, Volume 1 (712 pages) and Volume 2 (884 pages) (2014-2015) and other indispensable studies.
The Me Too revolution launched a new generation of feminist perspective into film studies. When I was writing my Marilyn Monroe book in 1979, I was inspired by Laura Mulvey, Molly Haskell, Marjorie Rosen, Joan Mellen and also feminists beyond cinephilia. They saw Marilyn as a victim of the Hollywood power elite who wanted to confine her to varieties of the dumb blonde stereotype. We were aware of the sexual violence of the casting couch. I had believed it to be a thing of the past and was stunned to learn that nothing had changed. Now we see Marilyn as an early champion to an ongoing fight.
We understand mental illness better and it is no longer a taboo in public discussion. Marilyn was a pathbreaker in discussing childhood sexual abuse. She caused embarrassment with her revelations, because it seemed impossible to reconcile the horror with the radiant incarnation of the American Dream.
For me, the incompatibility is the key to the mystery. Like Charles Chaplin, she never knew her father. Her mother did not take care of her, because she was in a mental hospital. She smiles, but in her eyes we feel an endless yearning for love.
FLORENCE TISSOT: INTRODUCTION TO THE TRIBUTE
Célébrer la star, exposer l'actrice
« Je peux être intelligente quand c'est important, mais la plupart des hommes n'aiment pas ça. » La célèbre réplique des Hommes préfèrent les blondes de Howard Hawks (1953) pourrait, dans un sens, bien résumer les choses : Marilyn Monroe affronte l'impitoyable système des studios pendant sa courte carrière d'actrice à Hollywood (1946-1962) et reste aujourd'hui autant déconsidérée, comme interprète, qu'adulée en tant que star. Du fait de ses possibilités scénographiques, l'exposition est particulièrement appropriée à l'opulence visuelle que Monroe cristallise dans les années 50. Sa trajectoire à l'heure du Technicolor et de l'écran large s'illustre par le matériel publicitaire glamour, la garde-robe sexy, les portraits d'artistes de renom (Eve Arnold, Richard Avedon, Andy Warhol...) mais aussi les actualités analysant chaque décision de la célébrité. Ou commentant sa disparition qui ouvre, à l'âge de 36 ans, le spectaculaire chapitre de « sa vie » post mortem. Cet héritage est célébré dans une installation inspirée de la culture ballroom que Madonna – incarnation de la pop culture dans sa capacité à s'approprier les tendances pour les faire rayonner – popularise bien avant Drag Race.
Séparer la star de l'actrice ?
Monroe est d'abord connue en tant que phénomène culturel, dont on se souvient à travers ses photographies davantage que ses films. Elle est plus rarement appréhendée comme une actrice qui incarne et compose des rôles à l'écran. L'un des enjeux de l'exposition est de remettre ses performances cinématographiques au centre et de proposer aux visiteurs de les regarder autrement. Car à ce jour, c'est comme si ses rôles étaient le simple reflet d'états émotionnels, éprouvés sur des tournages chaotiques, et plus proches de la névrose que de la mystérieuse profondeur psychologique des autres comédiens passés par l'Actors Studio.
La célébration de son centenaire repose sur un deuxième constat : Monroe est traversée par toutes sortes de légendes, et sa foisonnante exégèse biographique converge vers l'irrésoluble question : quelle est la « vraie femme » derrière le sex-symbol ? Or, ce que l'on sait de Monroe est pour beaucoup documenté par des témoignages contradictoires, et ces lectures semblent elles-mêmes s'adosser à certaines préconceptions, à la fois des icônes hollywoodiennes, mais aussi des femmes en général. L'exposition propose ainsi de regarder non pas seulement l'actrice, mais aussi les croyances qui ont participé à l'émergence de la star au sein des studios, et l'ont accompagnée tout au long de sa carrière.
L'interprétation à l'écran
Au mieux, on concède que Monroe était une bonne actrice de comédies, mais l'idée la plus courante est qu'elle ne jouait que son propre rôle. Les observations de ses proches et collaborateurs ne relèvent pas, à l'époque, d'une malveillance particulière, mais le recul du temps montre à quel point elles contribuent à la disqualifier : « Elle savait exactement quel effet elle avait sur les hommes. Et c'est tout » (Fritz Lang), « Elle ne jouait pas » (John Huston), « Dans tout ce qu'elle fait, elle est "elle-même" » (Arthur Miller). En abolissant le rapport entre être et incarner, ces commentaires masquent le fait que Monroe pensait ses rôles, les préparait et au-delà, l'interprétation comme création.
Or, l'actrice ne joue pas les « blondes idiotes », vamps et autres séductrices invariablement, quel que soit le metteur en scène, ou les conventions associées aux genres cinématographiques. Comme le démontre Acting in the Cinema (1988) de James Naremore – contributeur du catalogue –, observer minutieusement les expressions du visage, s'attarder sur les gestes dans un cadre et les rapports aux partenaires de jeu permet de montrer un travail de composition, un style, un talent. Chez Monroe, ceci s'illustre déjà dans sa palette d'émotions plus vaste que celle des autres acteurs de Quand la ville dort de Huston (1950) et ce, malgré la brièveté de ses apparitions. Sa formation au jeu ou les écarts subtils qu'elle crée, à l'écran, avec l'image attendue de la star, sont d'autres moyens de saisir ses stratégies d'actrice dans un système esthétiquement et économiquement contraignant.
Décris-moi ta Marilyn et je te dirai qui tu es
Au-delà de nos habitudes de cinéphiles aimant décrypter les films au prisme des réalisateurs-auteurs, on peine à appréhender Monroe comme comédienne à cause de la naïveté qui lui est associée. Et pour comprendre pourquoi nous tendons à la voir seulement « prendre la pose », telle une mannequin, et pourquoi l'innocence est au cœur de son identité, il faut revenir au fonctionnement du star-system. Difficile de passer à côté des travaux de Richard Dyer (également dans le catalogue) qui propose en 1986 l'idée suivante : Monroe cristallise les contradictions des années 50, à la fois puritaines et obsédées par la sexualité, par sa supposée spontanéité, provenant de son image de pin-up.
En 1945, devenir modèle permet à Monroe de divorcer et d'échapper à sa condition d'ouvrière. Elle se propulse en moins d'un an en couverture de nombreux magazines. La Twentieth Century Fox reprend cet idéal de femme enjouée, érotisée sans jamais être vulgaire, dès ses premiers films. Mais aussi dans toutes ses apparitions publiques et tout le matériel promotionnel, élaboré par les départements de publicité du studio à renfort de fictions sur la jeune recrue. Les critères promotionnels de la Mmm Girl seront repris par ses premiers biographes, dont les données sont encore recyclées aujourd'hui. En bref, comme le résume Sarah Churchwell dans son historiographie critique des biographies existantes sur Monroe : les croyances précèdent souvent les faits et elles en disent plus sur nous que sur la star.
Exposer Marilyn
Dans Sept ans de réflexion (1955), Billy Wilder et Monroe proposent la version la plus parodique et exhibitionniste de la pin-up. Cette même année, l'ambition de l'actrice qui cherche à accéder à des rôles plus complexes – en premier lieu Bus Stop de Joshua Logan (1956) – correspond à la dégradation de son image publique, désormais teintée d'échec, comme si ses prétentions artistiques avaient été sanctionnées. Ses aspirations personnelles auront, de fait, du mal à aboutir, tant son symbole de « blonde idiote » a la vie dure. Cette tension entre les deux est la source des innombrables légendes, décuplées par sa mort brutale et l'éparpillement de ses biens. Exposer Marilyn Monroe, c'est ainsi d'abord se confronter à un certain type de discours (teinté d'une fascination pour la mort d'une belle jeune femme) et à un accès relativement difficile aux archives qui nourrissent, main dans la main, le mythe.
« Sois raisonnable, chérie, on ne met pas de muscles dans un compte en banque », conseille le personnage incarné par Monroe à son amie Dorothy, irrépressiblement attirée par les silhouettes athlétiques dans Les hommes préfèrent les blondes. La star, tout juste promue sex-symbol international, est déjà elle-même un capital fructueux dont on pourrait commodément dire que l'essentiel est aujourd'hui détenu par une poignée de milliardaires : qu'il s'agisse de ses effets personnels – entre les mains de collectionneurs privés – ou de ses droits et revenus, exploités par une holding financière. Le mythe est là pour perdurer.
Florence Tissot, commissaire de l'exposition
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THE EXHIBITION CATALOGUE
Marilyn Monroe. Editions GrandPalaisRmn / La Cinémathèque française (2026). Sous la direction de Florence Tissot. 285 pages.
Florence Tissot : Célébrer la star, exposer l'actrice
Richard Dyer : " Scintillante, si pâle et si blanche "
James Naremore: Marilyn Monroe et l'art de la performance
Christian Viviani : De Monroe à Marilyn
Marguerite Chabrol : Marilyn Monroe et le répertoire théâtral : variations sur la showgirl
Ginette Vincendeau : Marilyn Monroe et Brigitte Bardot : blondes nationales et internationales
Sarah Street : Costumes et technologies cinématographique des années 1950
Nicole G. Albert : Onomastique d'un mythe
Paul McDonald : Le star-system hollywoodien et la promotion d'une nouvelle attraction
Salomé Bilherean : Mettre à nu Marilyn Monroe : enjeux photographiques d'un fantasme collectif
Sophie Lemahieu : Figure de la mode des années 1950
Sarah Churchwell : Mémoires : Arthur Miller
Catherine Hulin : " Je n'appartiens qu'au public et au monde "
Filmographie
Bibliographie générale















