Lee Miller
Le Musée d’Art Moderne de Paris
11 Avenue du Président Wilson 75116 Paris, M° Iéna Ligne 9
"Based on the initiative of Tate Britain and in collaboration with the Art Institute of Chicago, the exhibition brings together almost 250 old and new prints, several which are on display for the first time, and proposes a new view on the œuvre of Lee Miller."
From 10 April through 2 August 2026.
Tuesday to Sunday at 10-18, Thursday until 21.30.
Visited 10 April 2026
At the Art Institute of Chicago, the exhibition is on display from 29 August through 7 December 2026.
OFFICIAL: "A key figure of the international avant-garde, Lee Miller (Elizabeth Miller, Lady Penrose, 1907 Poughkeepsie, USA – 1977 Chiddingly, UK), was by turns a model, a Surrealist artist, portraitist, fashion photographer and war correspondent accredited by the US Army. Long relegated to the role of muse, she is now recognized as one of the great photographers of the 20th century."
"The exhibition traces her entire career, from her New York beginnings to her war years in Europe, including her time in Egypt and her life in London. It demonstrates the richness of a body of work where formal experimentation, visual audacity, and political engagement coexist."
"Eighteen years after the last French retrospective at the Jeu de Paume, the Musée d'Art Moderne de Paris offers a journey in six parts, combining a chronological and thematic approach."
I Face à l'objectif / Before the Camera
II Rêves d'Eros / Dreaming of Eros
III Un regard surréel / A Surreal Gaze
IV Nouvelles visions / New Visions
V Artistes et amis I / Artists and Friends I
VI Sombre Gloire / Grim Glory
VII Voici Vogue, malgré tout ! / Here Is Vogue, In Spite of All
VIII Sur le front / In the Field
IX C'es pourtant vrai ! / Believe It
X Séquelles / Aftermath
XI Artistes et amis II / Artists and Friends II
XII Salle de projection / Screening Room
XIII Espace découverte / Interpretation Room
AA: This is my first Lee Miller exhibition. We are among the first in line when it opens for the public at the Palais de Tokyo, near the Palais de Chaillot at the Place du Trocadéro, by the river Seine, facing the Eiffel Tower.
The spell is cast at once with Le Sang d'un poète (1930) by Jean Cocteau. The armless statue (Lee Miller) at the room of the poet (Enrique Rivero) invites him to jump into the mirror to discover another world.
As a photographer's model, Lee Miller works with luminaries such as Arnold Genthe, Edward Steichen, Cecil Beaton and George Hoyningen-Huene. Man Ray brings her into the heart of Surrealism, and she becomes a professional photographer herself, also in the inspiration of "rayogrammes" and solarisation.
The Dreams of Eros space displays naked frankness without dispelling the mystery of sex. This is a mutual journey between Man Ray and Lee Miller, even delving into the BDSM arena. A poet is born. A surreal, sensual and playful inspiration remains when Miller establishes her own commercial studio in New York City. Julien Levy organizes the only Miller autograph exhibition of her life.
During her marriage with the Egyptian businessman Aziz Eloui Bey she launches a visionary cycle about Egypt and the Middle East, on display in the Nouvelles visions sequence. She covers fashion for Vogue.
Above all she excels in portraits. She photographs fellow Surrealists including Leonora Carrington, Joseph Cornell and René Magritte. She records the African-American cast of the opera Four Saints in Three Acts. Charles Chaplin is delighted when Lee Miller gives him the Surrealist treatment. Jean Cocteau and Pablo Picasso are among Miller's models across decades. A favourite of mine is a photo of Picasso with Lee Miller's son Antony Penrose at Vallauris in 1954.
During the Second World War, Miller becomes a photojournalist and a war correspondent for Vogue, dedicated to document historical evidence. To this key stage of her life, four sequences are dedicated. Grim Glory covers the Battle of Britain / the Blitz.
In the sequence called In the Front we witness the liberation of France following D-Day, the Battle of Saint-Malo, field hospitals in Normandy. Teaming up with David E. Scherman (who worked for Life magazine), she photographs the liberation of Paris, the Battle of Alsace and the liberation of the concentration camps of Buchenwald and Dachau.
The horror chamber of the exhibition is C'est pourtant vrai ! Visiting the concentration camps for the first time, Miller cannot believe her eyes. She had embarked on her journey to witness and document evidence but did not begin to guess the magnitude of the crime of the century, not yet known by the words the Holocaust or the Shoah.
In the Aftermath sequence we see Miller documenting the devastation of war across Europe: Leipzig, Frankfurt, Berchtesgaden, Budapest, Cologne, Vienna... In Munich, Lee Miller and David E. Scherman occupy Adolf Hitler's apartment and photograph each other in the bathtub of the Führer. Besides the most legendary images, the full run of the contact sheet is on display.
The appreciation of Lee Miller the artist keeps rising. During her lifetime she was seldom exhibited, but Edward Steichen displayed her work in the path-breaking The Family of Man exhibition at MoMA (1955), which brought the art of the photography to a new level of respect.
Recent tributes to Miller in the cinema include Lee (Ellen Kuras, GB/US 2023) starring Kate Winslet as Lee Miller, and Civil War (Alex Garland, GB/US 2024) where both female war correspondents, Lee Smith (Kirsten Dunst) and Jessie Cullen (Cailee Spaeny) look up to Lee Miller as a role model.
The art and craft of the display is of the highest level. We live currently in the age of the domination of the Instagram. Art museums surrender to the supremacy of Silicon Valley IT behemoths. It is no longer possible to focus and concentrate on art. The bright screens of the mobile devices distract attention. Admittedly, this visit is not of the worst kind.
And fortunately, the catalogue is so excellent that it gives me the true Lee Miller experience.
OFFICIAL INTRODUCTION:
Du 10 avril au 2 août 2026, le Musée d’Art Moderne de Paris présente la plus importante rétrospective consacrée à Lee Miller en France depuis vingt ans.
Organisée à l’initiative de la Tate Britain et en collaboration avec l’Art Institute of Chicago, l’exposition réunit près de 250 tirages anciens et modernes, dont plusieurs inédits, et propose un nouveau regard sur l’œuvre de Lee Miller.
Figure essentielle de l’avant-garde internationale, Lee Miller (1907, Poughkeepsie, États-Unis – 1977, Chiddingly, Royaume-Uni) fut tour à tour mannequin, artiste surréaliste, portraitiste, photographe de mode et correspondante de guerre accréditée par l’armée américaine. Longtemps reléguée au rôle d’égérie, elle est aujourd’hui reconnue comme l’une des grandes photographes du XXème siècle.
L’exposition retrace l’ensemble de son parcours, de ses débuts à New York aux années de guerre en Europe, en passant par son séjour en Égypte et sa vie à Londres. Elle démontre la richesse d’une œuvre où cohabitent expérimentations formelles, audace visuelle et engagement politique.
Dix-huit ans après la dernière rétrospective française au Jeu de Paume, le Musée d’Art Moderne de Paris propose un parcours en six parties, mêlant approche chronologique et thématique.
L’exposition
L’exposition s’ouvre sur un ensemble de portraits de Lee Miller réalisés par les plus grands photographes et cinéastes des années 1920 et 1930. Lee Miller s’impose comme une personnalité du New York de la fin des années 1920 à travers tout d’abord son activité de mannequin. Elle est l’un des modèles les plus recherchés par les magazines, figurant l’archétype de la femme moderne, émancipée et active. Lors de son séjour à Paris, ses liens avec les surréalistes la conduisent à jouer l’un des rôles principaux du premier film de Jean Cocteau, Le Sang d’un poète (1930-1932).
Le parcours se poursuit en examinant l’importance de son séjour parisien entre 1929 et 1932. Cette période est marquée par sa rencontre avec Man Ray, dont elle devient l’apprentie mais également la compagne. Leur intense collaboration explore la puissance érotique du médium photographique, et se matérialise notamment dans leur découverte conjointe de ce que Lee Miller appelait la « solarisation ». Également connue sous le nom d'effet Sabatier, la solarisation est une technique consistant à réexposer brièvement un tirage ou un négatif à la lumière pendant le traitement. Il en résulte une inversion partielle des tons de la photographie, créant un effet de halo onirique. Ce phénomène a été observé pour la première fois dans les années 1840, mais Man Ray et Lee Miller sont souvent considérés comme les premiers artistes à l'avoir utilisé de manière créative.
Lee Miller ouvre son propre studio et travaille comme photographe pour Vogue, affirmant ainsi son désir d’indépendance artistique. Ses photographies, singulières par leur goût pour les cadrages obliques et les rapprochements insolites, sont exposées dans les galeries parisiennes aux côtés des grands photographes de l'époque (Germaine Krull, Brassaï...).
Cette période très riche s’achève par son départ pour New York en 1932, où elle ouvre un nouveau studio. Sa première exposition personnelle est alors organisée par la galerie Julien Levy. Il n’y en aura pas d’autres de son vivant. Son activité de portraitiste, à laquelle deux sections sont dédiées, prend un véritable essor, et se poursuivra tout au long de sa vie. Elle reflète ses nombreux liens avec les milieux artistiques et littéraires.
En 1934, Lee Miller épouse l’homme d’affaire égyptien Aziz Eloui Bey et s’installe avec lui au Caire. Les photographies de cette période frappent par l’affirmation des motifs, des textures et des cadrages qui composent ses images. Loin de l’exploration de thèmes exotiques, Miller va davantage porter son attention vers les contrastes de matières et de formes, les changements de perceptions induits par les angles de prises de vues.
En 1937, la rencontre de Miller avec le peintre et poète surréaliste Roland Penrose l’éloigne progressivement de l’Égypte. Elle passe davantage de temps en Europe en compagnie de ses amis surréalistes. En 1939, au déclenchement de la guerre, elle choisit de rester à Londres et s’investit progressivement dans les publications du Vogue britannique en tant que photographe de mode. Cette section montre l’utilisation dans ses clichés des ruines et des bombardements de Londres. Elle participe par ailleurs à la publication en mai 1941 de l’ouvrage Grim Glory : Pictures of Britain Under Fire (Gloire lugubre, images de la Grande-Bretagne sous le feu), qui témoigne de la vie quotidienne pendant le Blitz en mêlant célébration patriotique et humour noir.
À l’hiver 1942, Miller est l’une des rares femmes photographes à obtenir une accréditation de correspondante de guerre par les États-Unis. Désormais, elle couvre directement le conflit et consacre de nombreux reportages aux femmes engagées dans la guerre : infirmières, membres de la défense anti-aérienne, aviatrices, qui paraissent aussi bien dans le Vogue britannique qu’américain.
Quelques semaines après le Débarquement de juin 1944, elle traverse la Manche pour suivre l’avancée des troupes alliées, et se trouve en première ligne sur le front, notamment lors de la libération de Saint-Malo. Ses photographies et ses articles dénoncent la violence du conflit. Le parcours montre la façon dont elle se distingue alors des reportages de guerre classiques, par le ton qu’elle emploie et son engagement très personnel. Son œil et sa sensibilité s’attachent davantage à des détails signifiants, qu’au théâtre des opérations militaires.
En avril 1945, aux côtés du photographe de Life David E. Scherman, Lee Miller se rend à Dachau et Buchenwald juste après la libération des camps. Accompagnés d’un article (Believe it – juin 1945), certains de ses clichés publiés dans Vogue font état de sa sidération. Les photographies de Lee Miller sont parmi les premières à révéler au grand public l’entreprise d’extermination de masse des nazis.
Le 30 avril 1945, juste après avoir photographié le camp de Dachau, Lee Miller se rend à Munich et entre dans l’appartement d’Adolf Hitler. Dans une photographie entièrement mise en scène et chargée de symboles, elle pose dans la baignoire du dictateur. Peu diffusée sur le moment, l’image est aujourd’hui considérée comme l’une des photographies les plus emblématiques de la fin du conflit mondial. Jusqu’en janvier 1946, Lee Miller photographie l’Europe et la Libération. Ces images reflètent la douleur et les privations mais également les laissés-pour-compte de la Libération, comme les femmes et les enfants. Miller confie ainsi à son éditrice : « Je préfère décrire les dégâts des villes détruites et des personnes blessées plutôt que de faire face au moral brisé et à la foi anéantie de ceux qui pensaient que “les choses allaient redevenir comme avant” ».
Les années qui suivent, Miller peine à se relever de son expérience de la guerre. La dernière section de l’exposition est consacrée à son installation à Farley Farm House (Sussex) avec Roland Penrose et leur fils Antony. Lee Miller poursuit tout d’abord ses reportages et photographies de mode pour Vogue, mais cesse peu à peu son travail commercial. Dans un cadre plus privé, elle continue à réaliser des portraits de ses proches, qui reflètent son engagement continu auprès de l'avant-garde internationale. Farley’s House, reflet du couple Miller-Penrose, devient un lieu important de rencontres artistiques au cours desquelles Lee Miller s’adonne à de nombreuses expérimentations culinaires, qui rendent souvent hommage à l’inventivité de ses amis.
Le catalogue
Le catalogue d’exposition édité par la Tate Britain à l’occasion de l’exposition est repris, traduit et adapté par les éditions Paris Musées. Il est pensé comme un nouvel ouvrage de référence sur l’œuvre de l’artiste. Il rassemble trois essais prolongeant les thématiques abordées dans l’exposition, rédigés par Damarice Amao, attachée de conservation au cabinet photo du musée national d’Art moderne, Hilary Floe, conservatrice en chef à la Tate Britain et commissaire de l’exposition Lee Miller et Fanny Schulmann, conservatrice en chef au Musée d’Art Moderne de Paris et co-commissaire de l’exposition Lee Miller. Il accueille également un texte de l’autrice britannique Deborah Levy.
L’exposition Lee Miller est organisée par le Musée d’Art Moderne de Paris du 10 avril au 2 août 2026, en collaboration avec la Tate Britain et l’Art Institute of Chicago.
L’exposition à la Tate Britain se tient du 2 octobre 2025 au 15 février 2026 et l’exposition à l’Art Institute of Chicago aura lieu du 29 août au 7 décembre 2026.
Avec la participation des Archives Lee Miller.
Avec le soutien de Sfil
















