Saturday, April 27, 2024

Aku wa sonzai shinai / Evil Does Not Exist


Ryosuke Hamaguchi: 悪は存在しない / Aku wa sonzai shinai / Evil Does Not Exist (JP 2024).

悪は存在しない / Le Mal n'existe pas.
    JP 2024. Production: NEOPA (Satoshi Takata) / FICTIVE
    Director: Ryusuke Hamaguchi
Screenplay: Ryūsuke Hamaguchi
Cinematographer: Yoshio Kitagawa - 2K DCP - 1,66:1
Production Designer: Masato Nunobe
Visual Effects: Tetsuya Shiraishi
Music: Eiko Ishibashi
Sound: Izumi Matsuno - Dolby 5.1
Editor: Ryūsuke Hamaguchi, Azusa Yamazaki
Assistant director: Kaoru Enda
Directeur de la production: Tomohisa Ishii
    Main Cast: Hitoshi Omika (Takumi), Ryo Nishikawa (Hana), Ryuji Kosaka (Takahashi), Ayaka Shibutani (Mayuzumi), Hazuki Kikuchi, Hiroyuki Miura
    Loc: the film was mainly shot in the Suwa area of Nagano Prefecture, including around Yatsugatake Mountains.
    Language: Japanese
    Running Time: 106’
    Festival premiere: 4 Sep 2023 Venice - ventes Internationales M-Appeal - le grand prix du jury (Silver Lion)
    French and Belgian premiere: 10 April 2024 - Diaphana Distribution - sous-titres francais: Léa Le Dimma
    Japanese premiere: 26 April 2024
    Viewed at UGC Odéon, 124 bd Saint-Germain, 75006 Paris, samedi le 27 avril 2024

VENICE SYNOPSIS
" Takumi and his daughter Hana live in Mizubiki Village, close to Tokyo. Like generations before them, they live a modest life according to the cycles and order of nature. One day, the village inhabitants become aware of a plan to build a glamping site near Takumi’s house offering city residents a comfortable “escape” to nature. When two company representatives from Tokyo arrive in the village to hold a meeting, it becomes clear that the project will have a negative impact on the local water supply, causing unrest. The agency’s mismatched intentions endanger both the ecological balance of the plateau and their way of life, with an aftermath that affects Takumi’s life deeply. "

VENICE: DIRECTOR'S STATEMENT
" In this film, I had a wonderful opportunity to work with Drive My Car’s composer Eiko Ishibashi again. The film project began when she asked me to create some footage for her live performance Gift, and I conceived of the film as an “original source material” for the footage. As I became more and more connected to this film we were creating, Eiko and her friends helped me a lot in the shooting, too. This very free way of filmmaking vitalised me a lot. After the shoot, I felt that I had captured interactions of people in nature and completed the work as a single film with Eiko Ishibashi’s beautiful theme music. I hope the audience will feel the life force of the figures that are stirring in nature and music. "

DIAPHANA SYNOPSIS
" Takumi et sa fille Hana vivent dans le village de Mizubiki, près de Tokyo. Comme leurs aînés avant eux, ils mènent une vie modeste en harmonie avec leur environnement. Le projet de construction d’un « camping glamour » dans le parc naturel voisin, offrant aux citadins une échappatoire tout confort vers la nature, va mettre en danger l’équilibre écologique du site et affecter profondément la vie de Takumi et des villageois... "

AA: The genesis is a twin project. Drive My Car's composer Eiko Ishibashi mounted a live music performance to Ryusuke Hamaguchi's footage called the Gift, and Hamaguchi edited the feature film Evil Does Not Exist from the same material. The Gift performance has been described as a "mystical and meditative experience".

Evil Does Not Exist is a pantheist, animist mystery play about people living in harmony with nature in the village Mizubiki / Mizuhikicho near Tokyo on the Yatsugatake mountains. A real estate company is planning a project of glamping (glamour camping) there. The startup is aggressively rushing into things, but its two PR people fall in love with the inhabitants and are about switch sides. They also start to learn about the rare deer of the mountain but are still far from knowing how to negotiate nature.

The account of the clash of cultures is intelligent, devoid of clichés. The PR people are genuinely considerate, but they get into a crosscurrent between their arrogant neoliberalist bosses and the gentle village inhabitants. Hamaguchi's observations about the timeless routines of the village and the contemporary hectic of the remote meetings are accurate.

Much of the film evolves in the very air of the mountain forest, starting from extended low angle tracking shots of the trees in winter. Nature itself is a / the protagonist. At times the approach borders on the experimental and the psychedelic.

Evil Does Not Exist is Ryusuke Hamaguchi's follow-up to his masterpiece Drive My Car. There is much to admire, but I fail to connect with the Eiko Ishibashi score, the raison d'être of the movie.

P.S. 31 May 2024. I jotted down these clueless remarks based on a single viewing. For an insightful reaction please read Imogen Sara Smith's review in Reverse Shot, 3 May 2024. 
https://reverseshot.org/reviews/entry/3120/evil_exist

BEYOND THE JUMP BREAK: DOSSIER DE PRESSE: ENTRETIEN AVEC RYUSUKE HAMAGUCHI
BEYOND THE JUMP BREAK: DOSSIER DE PRESSE: ENTRETIEN AVEC RYUSUKE HAMAGUCHI 
 
Après le grand succès de leur travail en commun sur Drive my Car, la compositrice Eiko Ishibashi et le cinéaste Ryusuke Hamaguchi se sont retrouvés pour deux nouveaux projets : Gift, un concert live d'Ishibashi accompagné par la projection d'images muettes réalisées par Hamaguchi, et Le Mal n'existe pas, le nouveau long métrage de fiction du réalisateur.

Le Mal n'existe pas est à l'origine des images de Gift, et Ishibashi a aussi composé la bande originale du long métrage. Dans cette collaboration, Ishibashi et Hamaguchi réinventent les rapports entre le son, l'image et la narration.

Comment s'est mise en place cette nouvelle collaboration, sur ces deux projets très liés

Eiko Ishibashi m'a d'abord demandé de réaliser des images vidéo pour son concert sur scène. Naturellement, ces images ne devaient pas avoir de son, ce devait être comme un film muet. Je ne pouvais donc rien concevoir à partir des dialogues, comme je le fais d'habitude pour mes films. Cela représentait une grande différence pour moi, et c'était en même temps ce qui m'intriguait le plus dans ce projet. Rien n'était déterminé à l'avance, je pouvais partir dans la direction que je voulais... Il y a eu tout un temps où je n'arrivais pas à avoir la moindre idée, j'ai un peu ramé. Alors j'ai conçu le scénario du Mal n'existe pas comme une matrice pour les images muettes du concert. Je me suis complètement investi dans cette création, et la liberté permise par le dispositif est une chose que j'ai véritablement appréciée. Eiko et ses amis m'ont aussi beaucoup aidé pendant le tournage. C'était une expérience de grande liberté dans la réalisation qui m'a complètement vivifié. En visionnant les images, j'ai eu l'impression d'avoir saisi une interaction singulière entre les humains et la nature, et d'avoir assez de matière pour un film de cinéma, indépendant du concert, qui serait lui aussi accompagné par la si belle musique d'Eiko Ishibashi. J'espère que les spectateurs ressentiront la force vitale qui émane de cette nature et de cette musique.

Ces images pour le concert Gift ont représenté un renouveau dans votre manière de travailler

Oui, cela a vraiment représenté un pari fantastique. Je me suis mis à réfléchir à tout ce qui est visuel d'une façon plus pure et dynamique qu'auparavant. J'ai eu le sentiment d'emprunter une voie que je n'avais pas du tout explorée, et que je n'aurais pas pu emprunter sans une telle proposition.

Comment Eiko et ses amis ont-ils été impliqués dans le tournage ?

Nous avons tourné tout près de là où elle vit. J'ai pensé que puisque sa musique avait ses racines dans ce lieu, cela me simplifierait la tâche pour concrétiser des images. Eiko a invité certains de ses amis à travailler sur place sur le projet. Parmi eux il y avait quelqu’un que je décrirais comme un "expert de la nature". Ses idées et son point de vue ont clairement inspiré le caractère du personnage. Auprès de lui j'ai appris à écouter la nature. J'ai compris à quel point elle est imprégnée de mouvement. Ces mouvements, ces fluctuations, j'ai pensé qu'ils s’harmoniseraient à coup sûr avec la musique composée par Eiko.

Cette liberté en réalisant ce film, pouvez-vous nous en donner quelques exemples

Hitoshi Omika, qui joue Takumi, le personnage principal, faisait partie de l'équipe de tournage de Contes du hasard et autres fantaisies en tant qu'assistant à la réalisation. Ici, au départ, il était notre chauffeur, il nous accompagnait dans nos repérages pour trouver les décors naturels, avec le directeur de la photo Yoshio Kitagawa… On lui demandait souvent de figurer dans nos photos de décors possibles. Petit à petit, je n'ai pas pu imaginer un autre acteur que lui pour le rôle principal. Il avait aussi des responsabilités techniques sur le tournage. C'était une petite équipe, et tout le monde était, comme Hitoshi, souvent à la fois acteur et technicien. Enfin, pendant le tournage, il y a eu pas mal de changements dans le scénario, beaucoup plus que dans mes derniers films. Cette façon moins organisée, plus souple de mettre en scène m'a rappelé tout le potentiel du cinéma, et m'a donné plus de liberté.

Comment Le Mal n'existe pas est-il devenu un film de cinéma à part entière ?

Quand j'ai écrit le scénario, j'avais envie d'offrir aux comédiens un matériau très solide. Ils avaient donc un texte et des dialogues pour soutenir leur présence à l'écran. Je me disais que si les acteurs avaient visuellement une présence puissante et autonome, cela créerait une synergie plus convaincante avec la musique d'Eiko. Du coup chaque acteur, Hitoshi le premier, a été vraiment remarquable. J’ai été ému, sur le plateau. Cette force était particulièrement portée par leurs voix. J'ai voulu alors que ces voix atteignent aussi le public. Alors, avec la permission d'Eiko, j'ai décidé de finaliser aussi notre collaboration sous la forme d'un long métrage intitulé Le Mal n'existe pas. Une fois de plus, je tiens à exprimer toute ma gratitude à Eiko, qui a été l'inspiration de ce projet.

Quelles sont les principales différences entre Gift et Le Mal n'existe pas ?

D’abord, les histoires sont assez différentes. Nous sommes partis des mêmes rushes, mais les deux montages n'ont retenu ni les mêmes prises, ni les mêmes plans. Les deux projets ne racontent pas tout à fait la même chose. Votre sentiment envers les personnages ne sera sans doute pas le même. C'est un peu comme un petit multivers. Quant à la façon dont les spectateurs réagiront selon les deux projets... à vrai dire, même moi, je ne saurais pas répondre. Je crois que ce n'est que le public, avec la musique d'Eiko, qui peut vraiment comprendre. Mais je suis convaincu que les deux projets s'inspirent mutuellement et qu'ils enrichissent l'expérience du public.

RYUSUKE HAMAGUCHI
RÉALISATEUR, SCÉNARISTE ET CO-AUTEUR DE L'IDÉE ORIGINALE

Production : Ryûsuke Hamaguchi et Satoshi Takada
Production exécutive : Shô Harada et Katsumi Tokuyama
Sociétés de production : NEOPA et Fictive
Sociétés de distribution : Incline (Japon) ; Diaphana Films (France)
Format : couleur
Genre : drame
Synopsis

Takumi et sa fille de 8 ans Hana habitent en forêt et admirent les arbres et la nature dont ils connaissent et suivent les cycles.

Un projet de construction d'un terrain de « glamping » est présenté aux habitants du village, qui le rejettent car il présente des risques pour l'environnement.

Le responsable de l'entreprise portant le projet n'accepte pas de réduire les coûts que représenterait la modification demandée par les habitants, c'est-à-dire un changement du site prévu pour la fosse sceptique, qui polluerait l'eau de tout le village, étant en amont de la rivière.

Un des deux représentants de la firme, l'homme, est tenté par la vie en forêt et envisage de changer de vie pour s'installer comme gardien du futur site. Il a une révélation en réussissant à couper une bûche à la hache quand Hana disparaît mystérieusement après l'école.

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